• Sur le plancher de Jeannot qui sont les fous ?

     

     

    Le coyote se promenait dans Paris et, comme il avait vu la publicité pour les flics (Loué soient-ils),  il découvrit dans une rue déjà parcourue, un plancher qui n'était pas celui des vaches parce que, c'est bien connu, mort aux vaches, mort aux cons et vivent les libres !

     

    Le coyote allait vers la cité des fleurs, une cité de bourgeois, une cité qui semble avoir été volée aux ouvriers et qui finira barbelée, au mieux.

     

    Sur le chemin du coyote, un plancher. Des planches de bois gravées par la détresse, des planches d'un cercueil cloué par la société mais sculptées par un homme mort.

    Voici le texte de celui qui fut jugé schizophrène, celui qui était en vrac, pas heureux, triste à mourir au point d'en graver sa mort :

    « La religion a inventé des machines à commander le cerveau des gens et bêtes et avec une invention à voir notre vue à partir de rétine de l’image de l’œil abuse de nous santé idées de famille matériel biens pendant sommeil nous font toutes crapulerie l’Eglise après avoir fait tuer les juifs à Hitler a voulu inventer un procès type et diable afin prendre le pouvoir du monde et imposer la paix aux guerres l’Eglise a fait les crimes et abusant de nous par électronique nous faisant croire des histoires et par ce truquage abuser de nos idées innocentes religion a pu nous faire accuser en truquant postes écoute écrit et inventer toutes choses qu’ils ont voulu et depuis 10 ans et abusant de nous par leur invention a commandé cerveau et à voir notre vue a partir image rétine de l’œil nous faire accuser de ce qu’il nous font à notre insu c’est la religion qui a fait tous les crimes et dégâts et crapulerie nous en a inventé un programme inconnu et par machine à commander cerveau et voir notre vue image rétine œil… nous faire accuser nous tous sommes innocent de tout crime tort à autrui nous Jean Paule sommes innocents nous n’avons ni tué ni détruit ni porte du tort à autrui c’est la religion qui a inventé un procès avec des machines électroniques à commander le cerveau sommeil pensées maladies bêtes travail toutes fonctions du cerveau nous fait accuser de crimes que nous n’avons pas commis la preuve les papes s’appellent Jean XXIII au lieu de XXIV pour moi et Paul VI pour Paule l’Eglise a voulu inventer un procès et couvrir les maquis des voisins avec machine à commander le cerveau du monde et à voir la vue image de l’œil fait tuer les juifs à Hitler ont inventé crimes de notre procès. »

     

    Accusé sur certains blogs d'antisémitisme ce texte n'est, pour le coyote que l'expression d'un paysan malheureux qui aurait pu sortir dans la rue et revaloriser, en 1971 la plus haute forme du surréalisme à savoir : "L’acte le plus surréaliste le plus simple consiste, le revolver aux poings, à descendre dans la rue et à tirer au hasard, tant qu’on peut, dans la foule."

     

    Ce n'est pas la révolution et le coyote n'est pas médecin. Il a encore, quoique le Parti Suspect et l'Union des Matons et Policiers (que le coyote appelle PS et UMP) en pense, sa liberté de ne pas être Florent Pagny mais de penser quand même.

    Les anesthésistes ne s'endorment pas

    Bristol-Myers Squibb s’est porté acquéreur du Plancher de Jeannot en 2002, au titre de son engagement en psychiatrie.



    Aujourd’hui consacré œuvre d’art brut (et reconnu comme une pièce magistrale)

    Tout d’abord, un peu d’histoire.

    L’histoire de Jeannot
    Jeannot, est un enfant calme né, en 1939, d’un père travailleur, taciturne et secret et d’une mère dite étrange et solitaire. Adolescent, il se montre éveillé et serviable, et fait des études secondaires jusqu’au concours d’entrée de l’école des instituteurs. Selon la rumeur, c’est à la suite d’un chagrin d’amour qu’il s’engage, bien que fervent antimilitariste, dans un régiment parachutiste en opération en Algérie.

    Jeannot revient en France en 1959, suite au suicide inexpliqué de son père, par pendaison. Il faut noter que ce décès intervient au moment où l’enfant de Paule, soeur aînée de Jeannot, jeune femme au caractère qualifié de manipulateur et inadapté, naît puis disparaît dans des circonstances étranges.

    A 20 ans, Jeannot devient chef de famille. Mais si la vie reprend à la ferme, la propriété jusqu’alors prospère s’enfonce progressivement dans une lente décadence. Irrégularité du travail, absence de persévérance dans les activités mises en place, et enfin, incurie totale s’instaurent lentement. Jeannot se révèle passif, et imagine progressivement une limite virtuelle autour de la maison. Il garde la propriété en se livrant à des rondes, monté sur son tracteur et armé de son fusil.

    Cette attitude, associée à d’autres troubles de son comportement (insultes, menaces de mort) et à certains événements inexpliqués (incendie dans la ferme voisine) viennent lentement détériorer ses relations avec le voisinage et l’ensemble de la population du village, l’amenant progressivement à vivre en reclus.

    Cette « claustration pathologique », ce rejet de la vie sociale sont des signes apparents d’une maladie psychotique. Pourtant aucune action du médecin (qui a délivré un certificat de placement d’office resté sans effet), du maire (convocations, assignations), des villageois (nombreuses pétitions) n’arriveront à rétablir un contact social. Jeannot continuera pendant plusieurs années à effrayer la population en donnant le spectacle étrange d’une homme menaçant, auréolé d’une réputation redoutable, grandie par l’impuissance des forces publiques.

    C’est le vétérinaire qui, en 1971, découvre la mère de Jeannot, morte depuis plusieurs jours et placée au coin du feu, « pour la réchauffer ». Jeannot, en plein déni du décès de sa mère, refuse son enterrement au cimetière et obtient des autorités compétentes une autorisation officielle d’inhumer la défunte dans la maison (! !!). Jeannot enterrera donc sa mère sous l’escalier, près de sa chambre.

    Jeannot sombre alors complètement dans la folie. Il se confine dans sa chambre, et grave ses hallucinations et son délire de persécution sur le plancher tout autour de son lit. Puis il cessera progressivement de s’alimenter et se laissera mourir quelques mois plus tard, à l’âge de 33 ans.

     

     

    Eh ! Coyotes de tous pays ! N'y a-t-il pas là de quoi réfléchir ?

     

    Le coyote, hier soir, écoutait le Bérurier Noir et ça parlait de pauvres gens, de fous et, heureusement, ils ne mouraient pas tous tout de suite ! Viva la vida.

     

    Quand on lit ce qu'il y a au-dessus, on en gerberait le monde entier, non ? Non ? Non ? Non ? Non ? Non ? Non ? Non ?

    IN MEMORIAM

     



    Tags Tags : , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :